mercredi 28 juin 2017

Ambiance lugubre au bord de la rivière

Vous aviez aimé La Fille du train ? Il est temps de découvrir le nouveau roman de Paula Hawkins !


Au fond de l'eau nous emmène à Beckford, un petit village anglais où coule une rivière et où tout le monde semble se connaître. Julia et Nel y passaient leurs vacances quand elles étaient petites, traînant toute la journée au bord de la rivière. Aujourd'hui Julia doit y revenir pour des raisons beaucoup moins gaies... Sa sœur Nel a été retrouvée morte dans l'eau. Elle vivait désormais dans la maison familiale avec sa fille, Lena, et écrivait un livre sur la légende du Bassin de noyées. Obsédée par la rivière et les morts brutales survenues au cours des siècles à Beckford, Nel semble avoir suivi les précédentes victimes du Bassin des noyées en se suicidant. 
Nel et Julia ne se parlait plus depuis des années. Pourtant, Julia a du mal à croire au suicide. Peu à peu, les langues se délient et de vieilles histoires réglées depuis longtemps refont surface... Cela pourrait-il expliquer la mort de Nel ? 


Paula Hawkins nous entraîne à nouveau dans un thriller psychologique addictif ! Le lecteur plonge peu à peu dans l'ambiance très particulière de ce village, faisant connaissance avec tous les (nombreux!) personnages du roman. Il faut donc un peu de temps pour planter le décor mais l'autrice réussi à nous accrocher très solidement à l'intrigue. Dès lors, vous ne pourrez plus vous arrêter avant d'avoir fini !! 


Tout le monde attendait l'autrice au tournant après le succès fulgurant de La Fille du train, mais pour nous c'est validé ! Paul Hawkins fait désormais partie des auteurs de thrillers psychologiques qu'on adore et dont on guette les romans ! 

mercredi 21 juin 2017

Coup de cœur fusionnel




Sarah Crossan est une auteure irlandaise, qui a déjà écrit plusieurs romans pour ados comme la série La loi du dôme. Nous ne la connaissions pas mais un livre traduit par notre chouchoute Clémentine Beauvais ne présageais que de bonnes choses ! Qu'on se le dise : Inséparables, paru le mois dernier aux éditions Rageot, est un coup de cœur !




C'est l'histoire de Grace et Tippi, deux jeunes filles de seize ans. Sœurs, et plus encore. Pas jumelles non, mais siamoises ! Les médecins ne leur donnaient pas deux années à vivre et les voici aujourd'hui, s'entendant à merveilles, se connaissant par cœur.  Leur vie est sur le point de changer : leur parents n'ayant plus les moyens de leur payer des cours à domicile, elles entrent au lycée pour la première fois. Ayant l'habitude d'être observées, à la dérobée ou non, interrogées etc., elles ne sont pas vraiment pressées. Et pourtant, ce pourrait être une des meilleures choses de leurs vies...

L'adolescence n'est pas toujours une partie de plaisir et la particularité de Grace et Tippi ne fait qu’exacerber ce sentiment, mais Sarah Crossan a doté les filles de caractères bien particuliers, elles nous plaisent dès les premières lignes et ont la chance d'être (a peu près) bien entourées. Par sa thématique, l'auteure questionne sur l'identité, l'intégrité ainsi que l'amour et l'amitié. Clémentine Beauvais à su nous traduire tout ça à merveilles et c'est presque d'une traite que j'ai lu Inséparables ! À découvrir dès 14 ans.

La couverture du roman, en version originale.



Inséparables, de Sarah Crossan publié aux éditions Rageot - 14,90€

mercredi 7 juin 2017

Bottes de pluie grenouille et pizza, ou ce qui se passe dans la tête d'une ado !



Voilà un beau pavé qui ne vous durera que quelques jours !


Je suis ton soleil est un roman lumineux qui passe par toutes les émotions: des galères..., de grosses grosses galères, des larmes, de la joie, des fous rires... !


Nous rencontrons Déborah le jour de sa rentrée en terminale. Elle n'a que des bottes de pluie à se mettre car son chien, une espèce de clochard adopté par sa mère, a mangé toutes les autres. Déjà, côté style, on repassera. Question humeur aussi: Déborah n'a pas du tout envie d'aller au lycée, cet établissement charmant surnommé le "Clapier", surtout quand elle apprend qu'elle n'est pas dans le classe de son (unique) amie. A place, elle va devoir se coltiner toute l'année Jamal, alias Mygale-man (Oui, il élève des mygales !)...



Le quotidien de Déborah suit son morne cours, entre réussir son bac, espérer un sourire d'une mère qui déraille (le découpage compulsif vous connaissez ?), promener Isidore le chien baveux... Jusqu'au jour où elle croise son père pendu à la bouche d'une inconnue ! Sa vie bascule. Comment peut-on tout gérer tout ça quand on a 17 ans et qu'on doit passer le bac dans quelques mois ?


Amitié, amour, crises familiales, littérature et pizza, voilà de quoi faire un beau roman ! D'une justesse incroyable, c'est un livre qui se dévore. Les personnages sont terriblement attachants et le quotidien de Déborah si réaliste que tout le monde peut s'y reconnaître. C'est la recette parfaite pour nous parler de l'adolescence, un de nos sujets préférés ! Avec tendresse, Marie Pavlenko nous transporte dans la tête d'une jeune fille qu'on n'oubliera pas de si tôt ! 


466 pages de pur bonheur ! 


A lire à partir de 13 ans et à glisser entre les mains de parents d'ado !

Je suis ton soleil, de Marie Pavlenko, aux éditions Flammarion jeunesse, 17.50 euros. 

mercredi 31 mai 2017

Coup de coeur intersidéral

Par où commencer pour vous parler de notre nouveau coup de cœur lunaire ? Par ce qui m'a frappé lorsque le livre est arrivé en librairie : sa couverture. Il est illustré par Diglee que vous connaissez peut-être pour ses bandes dessinées, ou pour son blog, ou pour son instagram. Bref, autant de choses qui en font une illustratrice hors pair, dont l'esprit colle parfaitement au roman. Voyez-donc la couverture ci-dessous et découvrez quatre héroïnes fantastique.



Dans viser la lune, c'est Aliénor qui nous raconte l'histoire. Elle a 13 ans et habite en Guyane. Passionnée par l'astronomie, le bricolage et les sciences en générale, elle est énergique, positive, et surtout déterminée ! Elle va faire l'heureuse rencontre de trois jeunes filles de son âge. Itaï, gameuse hors pair résidant en Nouvelle-Calédonie, Maria, québécoise accro à son chat et Azza, sportive métropolitaine de haut niveau. Toutes les quatre se parlent sans s'être jamais croisées (distance oblige) mais cela ne va pas les empêcher de monter une chaîne Youtube à succès. C'est tout pour l'intrigue !

Anne-Fleur Multon signe ici son premier roman, premier tome d'une série, et a su créer entre ces filles et le lecteur un vrai attachement ! Parfaitement dans son temps avec un clan de filles hyper connectées mais aussi les pieds sur Terre (quoique... pas toujours), elle nous montre une superbe leçon. Le plus, elle aborde des sujets importants (racisme, sexisme, etc) avec justesse et en gardant un ton humoristique sans leur faire perdre leur importance !

Viser la lune est publié chez Poulpe Fictions, "le label venu des profondeurs pour chatouiller les lecteurs". Des auteurs "neufs" et des illustrateurs "déjantés" s’associent grâce à eux pour créer romans frais et contemporains pour les 8-12 ans. À suivre !

Vous l'aurez compris, Viser la lune est un super roman, que l'on compte bien présenter au plus grand nombre à la librairie ! Et nous sommes persuadés que vous aussi, vous ferez aussi de la team #gosorcières !! À découvrir d'urgence dès 11 ans.


Coup de cœur : La cité sans nom T.1

Les éditions Rues de Sèvres ont le chic pour éditer de chouettes bandes dessinées, pour adultes comme pour enfants. Quelques-uns de nos coups de cœur ? Le récent Streamliner, la trilogie des Zita, fille de l'espace, ou encore les adaptations de 4 sœurs de Malika Ferdjoukh par Cati Baur... Et plein d'autres !


Menace sur l'Empire Dao est le premier tome de la série La cité sans nom. L'histoire se situe dans un espace temps inconnu, a priori dans une Asie ancestrale mais rien n'est précisé. Nous suivons Kaïdu, jeune Dao, tout juste arrivant dans la cité et pas vraiment doué pour le combat qu'il se voit enseigné. Rapidement il fait des rencontres intéressantes et découvre la cité, sa grandeur comme la pauvreté de ses habitants. Entre aventures nocturne dans la cité et complots politiques, l'action ne s'arrête plus !



Le récit est très rythmé, notamment grâce à la découpe des cases et à la fluidité du dessin. Le héros Kaïdo et son amie Rate son courageux et très attachants. Leur amitié est touchante et particulière aux vues de leurs différences d'origines : Rate est une enfant des rues, native de la cité, qui ne voit pas d'un bon œil les Dao.
L'auteure, Faith Erin Hicks, est canadienne et cette série est sa première traduction française.



Un premier tome très prometteur !! Dès 10 ans



La cité sans nom Tome 1 Menace sur l'empire Dao, écrit et illustré par Faith Erin Hicks, publié chez Rue de Sèvres - 16€

mercredi 24 mai 2017

Coup de cœur : Quoi de plus que la vie

Si vous ne l'avez toujours pas lu, la sortie au format poche de l'Art de la joie est un excellent prétexte pour découvrir ce chef-d'oeuvre, publié chez le Tripode. Parce qu'un livre aussi beau que gros (plus de 700 pages en poche), c'est plutôt rare, on vous conseille vivement de prendre le temps de le (re)découvrir !


L'art de la joie pourrait se résumer comme ceci : "le destin d'une pauvre sicilienne née le 1er janvier 1900". Il peut aussi se résumer par "un des plus beaux livres que vous lirez dans votre vie". Et je pèse mes mots. Partez donc à la rencontre de Modesta, héroïne au fort caractère qui saura sortir volontairement ou non des situations de la vie qui ne lui conviennent pas. De pauvreté à richesse, d'ignorance à savoir, de solitude à compagnie, Modesta évolue sans cesse.

Goliarda Sapienza, l'auteure était italienne et bien évidemment toute aussi fascinante que l'héroïne de son roman. Morte à 72 ans en 1996, elle a mis presque dix ans pour écrire l'Art de la joie. Traduite de façon posthume en France, son roman est reconnu comme une oeuvre majeure de la littérature italienne !
Je n'ai pas tellement envie de vous dévoiler plus d'information sur l'histoire de Modesta mais sachez que si vous aimez les femmes fortes, les histoires d'amour, la vie et la nature ce livre est pour vous ! 



Avec sa langue si poétique, ses dialogues foisonnants et ses personnages attachants, l'Art de la joie est une oeuvre à relire plusieurs fois au cours de sa vie pour en apprécier toutes les subtilités.



L'art de la joie, publié chez Le Tripode et écrit par Goliarda Sapienza - 14.50€

samedi 20 mai 2017

Magnifique roman ado en pleine nature !



Ingrid a passé un marché avec sa mère: si elle passe trois semaines dans le camp de Peak Wilderness, elle peut s'inscrire dans l'école de musique de ses rêves.

Arrivée sur place, elle déchante. Elle qui croyait devoir supporter un camp peu confortable découvre une réalité tout autre: il n'y a pas de camp. Son groupe et ils devront monter une tente tous les soirs pendants trois semaines. Une tente... à partager avec deux autres personnes qu'elle ne connaît pas... et un milliard de moustiques... sans douche.... avec des habits qui ne sécheront jamais... La liste de ses problèmes est longue et le temps passe affreusement lentement. 

Alors qu'Ingrid est confrontée à une nature hostile, ses problèmes tournent en boucle dans sa tête. Chaque jour est une épreuve. Peu à peu, elle finit par s'ouvrir à son groupe, à parler de sa vie, de sa vie d'avant, quand sa mère était cantatrice et qu'elles parcouraient l'Europe. Chacun se dévoile un peu plus tous les soirs et y trouve chaque jour un peu plus la paix. 

Toute la beauté du monde n'a pas disparu est un magnifique roman sur l'adolescence et sur la vie tout simplement, sur les épreuves auxquelles chacun de nous peut être confronté. 
Alternant le présent à Peak Wilderness et les souvenirs d'Ingrid de sa petite enfance à son adolescence, le récit dévoile progressivement ses fragilités et les raisons qui l'ont conduite jusqu'à ce périple en pleine nature.

Les récits de ce type d'aventure tels que Wild ou Into the Wild sont souvent propices à l'introspection et s'avèrent toujours intenses à lire. Toute la beauté du monde n'a pas disparu ne fait pas exception. Il est incroyablement facile de se plonger dans sa lecture et de vivre avec Ingrid tous ces défis quotidiens ou d'être submergé avec elle par ses émotions. Et pour vous donner encore plus envie, laissez-moi vous dire que la fin m'a absolument bouleversée !

A lire !

Toute la beauté du monde n'a pas disparu, de Danielle Younge-Ullman, éditions Scripto, 16.50 euros. 

mercredi 17 mai 2017

Encore un roman américain coup de cœur !





Eva Thorvald est un prodige de la cuisine. Au sommet de sa gloire, elle organise des dîners à 5000 dollars dans des lieux grandioses en pleine nature. Le menu et le décor sont tenus secrets, la liste d'attente est de plusieurs années.

Pourtant quand le livre commence, Eva n'est même pas née. On rencontre son père, célibataire endurci qui rencontre la femme de sa vie peu avant ses trente ans. Eva naît et quelques mois plus tard, sa mère s'enfuit, laissant Lars et Eva Thorvald livrés à eux-mêmes. Lars veut à tout prix donner à sa fille le goût des bonnes choses et être toujours présent pour elle. Malheureusement, il meurt d'une crise cardiaque alors qu'Eva n'est qu'un bébé...

Le chapitre suivant nous présente une Eva âgée d'une dizaine d'années, qui croit que son oncle et sa tante sont ses parents. Elle cultive à cet âge-là des piments dans son placard et a quelques problèmes à l'école. Tout le reste du livre nous montrera Eva à des étapes différentes de sa vie et le chemin qui la conduira au succès. 

Le point original du roman réside dans le fait que l'histoire n'est pas racontée du point de vue d'Eva, le personnage principal, mais par des personnes qu'elle rencontre tout au long de sa vie. En tout, neuf points de vue nous permettent de connaître Eva: le flirt, la cousine, la copine jalouse... et chacun nous dévoile une fêlure supplémentaire de sa vie. 

Cette construction fait des Cuisines du Grand Midwest un roman choral à l'américaine comme on les adore ! Des portraits croisés, ce moment magnifique où les histoires se rejoignent... C'est à peu près tout ce que j'aime dans un roman. 

Difficile de ne pas plonger immédiatement dedans et s'attacher à ces personnages si réels ! Ce roman est un vrai coup de coeur que je vous recommande les yeux fermés. 

Encore une fois (et comme toujours en fait !), les éditions Rue Fromentin nous proposent un superbe roman de qualité ! 

Les Cuisines du Grand Midwest, de J. Ryan Stradal, publié aux éditions Rue Fromentin. 22 euros. 

vendredi 28 avril 2017

13 reasons why un évènement littéraire et télévisuel !



13 reasons why est une de ces histoires qui vous hantera longtemps. Le livre, sorti en 2007, est adapté sous forme de série télé par Netflix cette année et nous donne une chance de (re)découvrir ce roman incontournable de la littérature adolescente. 

L'histoire est difficile: Hannah, jeune adolescente de 16 ans s'est suicidée. Quelques temps après, Clay, un lycéen qui la connaissait, reçoit anonymement une boîte contentant sept cassettes dont les faces sont numérotées de 1 à 13. La voix d'Hannah s'élève de celles-ci, expliquant que treize raisons l'ont poussée à mettre fin à ses jours et que chaque face correspond à une raison mais surtout à une personne qu'elle juge en partie responsable de sa décision. Clay est sous le choc mais se plonge dans le récit d'Hannah. Bientôt, il découvre que ses camarades de classe ne sont pas ceux qu'il pensait et qu'Hannah traversait bien plus qu'elle ne le laissait transparaître. 

Qu'il s'agisse du livre ou de la série, l'histoire gagne en intensité au fil des chapitres ou des épisodes, nous plongeant un peu plus à chaque fois dans le mal-être d'Hannah mais aussi de Clay et de tous les autres personnages. Cela fait donc de cette histoire un moment très intense à vivre pour le lecteur ou le spectateur (accrochez-vous !).



La série télé prend quelques libertés dans son adaptation mais les personnages restent en majorité les mêmes. Par contre, du fait probablement que le livre ait déjà 10 ans, certaines "raisons" ont été actualisées. Cela rend la série plus dure encore et peut-être plus "trash", mais probablement plus parlante pour les premières personnes ciblées: les lycéens. 

Abordant de nombreux thèmes très difficiles (que je ne vais pas vous spoiler ici !), le livre comme la série me paraissent essentiels pour comprendre le mal-être adolescent quand on le vit ou quand on en est témoin, quand on ne sait pas exactement ce qui nous arrive ou quand on ne sait pas comment on pourrait aider cette personne.

Aujourd'hui la série connaît un succès fulgurant et entraîne de nombreuses réactions partout dans le monde, ce qui est très positif car il est important de parler de ces sujets. Le suicide reste une des premières causes de décès chez les adolescents et il ne faut pas rendre taboue cette période de la vie qui peut être difficile pour nombre d'entre nous (et c'est normal). Cette lecture (ou visionnage) est aussi très pertinente pour un adulte car elle nous permet de nous replonger dans cette époque et de voir l'adolescence avec un regard neuf, prenant du recul sur ce qu'on a pu vivre. 

Il est d'ailleurs intéressant de préciser que Netflix a réalisé un documentaire intitulé "Au-delà des raisons", à regarder après la série. Celui-ci développe le sujet du harcèlement ainsi que tous les autres problèmes qu'un adolescent peut vivre et dont parlent la série, avec l'aide de spécialistes (psychologues etc.) et des commentaires des acteurs ou de l'auteur du livre, Jay Asher. 



Je ne peux donc que vous conseiller de lire et de regarder 13 reasons why !

13 reasons why (ou Treize raisons), de Jay Asher, publié aux éditions Albin Michel, 14.50 euros.

mercredi 19 avril 2017

Le classique du mois #4 : Caligula

Ce mois-ci, une pièce de théâtre du grand Camus. Caligula est en 4 actes, et fut publié pour la première fois en 1944. Dans cette tragédie, Albert Camus nous offre un jeune homme plus tourmenté que jamais.

Caligula est empereur de Rome mais lorsque sa sœur et maîtresse Drusilla meurt il se rends compte que le monde ne lui convient pas. Il disparaît pendant trois ans et revient obsédé, en quête de l'impossible. Il devient tyrannique, cruel et pervers : tourmentant son entourage, assassinant sans sourciller, Caligula s'éloigne de tous et ne trouvant plus le sommeil, sombre dans des réflexions sans fin.




Ne comprenant que très tard que l'homme n'est pas un animal solitaire, ce sombre héros connaîtra plus de tristesse que les suivants dont il a fait tuer la famille.

Au cours de la lecture, impossible de ne pas se prendre d'affection pour Caligula. Si triste et désespéré face à un monde qui ne lui convient pas. Lui, grand rêveur, souhaite seulement la liberté, la lune, le bonheur, l'immortalité. Mettre dans la confidence un des patriciens ne l'aidera pas, haïr tous ceux qui l'entourent non plus. Nous assistons à sa chute sans pouvoir intervenir et si sa fin semble inévitable, son salut aurait été préférable.

Lire Caligula aujourd'hui, c'est lire du théâtre antique. Pas si courant dans notre quotidien et ô combien majestueux. 

Dans l'éditions que nous vous proposons, est aussi présent la pièce Le malentendu. Il s'agit d'une pièce en trois actes datant de 1944 également. Moins de personnages (seulement cinq) mais tout autant de drames, dans le registre familial. Une pièce qui nous accroche dès la première replique et qui se dessine parfaitement au fil des mots.


Gérard Philippe interprétant Caligula au théâtre

Caligula suivi de Le malentendu, Albert Camus publié chez Folio - 7.20€

jeudi 6 avril 2017

Coup de cœur : Le livre le plus félin du monde

Au mois de janvier, les éditions Thierry Magnier nous ont offert un livre plus jaune que le soleil de printemps, raconté et illustré par le génial Vincent Pianina ! On vous présente aujourd'hui Le chat le plus mignon du monde !

Tous les propriétaires de chats seront d'accord : le leur, c'est le plus beau !!! La jeune héroïne de cette histoire est bien d'accord ! Lorsque ses parents acceptent enfin de lui offrir un chat, elle saute de joie et ils filent tous les trois à l'animalerie. Le choix fut facile, c'était le plus mignon d'entre tous ! Câlin, joueur, gourmand... Il est parfait et c'est toujours le plus mignon ! Mais quel est donc son secret ?



Vincent Pianina mène de main de maître cette histoire : avec ses couleurs vivent ils nous accroche et avec ses personnages, il ne nous lâche plus ! Une seule ligne (en écriture cursive) par page, pour pouvoir le lire aux plus petits, des pages en papier épais pour faire "comme un livre de grands" et surtout... cette chute ! Cet humour !! On vous laisse découvrir tout ça très vite...


Le chat le plus mignon de Vincent Pianina aux éditions thierry Magnier - 12,50€

mercredi 29 mars 2017

Coup de cœur : Goolirck,encore et toujours

Hourra, les éditions Anne Carrière publient le nouveau roman de Robert Goolrick ! Découvert chez nous avec Arrive un vagabond, adoré avec La chute des princes et Féroces, l'américain fait partie de nos auteurs fétiches. Aujourd'hui, il nous offre une histoire qui se déroule au XXème siècle. Est-ce une histoire d'amour ? D'argent ? De désespoir ? Un peu de tout ça. Brillamment écrit évidemment !

Voici l'histoire de Diana Cooke, née en 1900 dans une maison magnifique, issue d'une grande et vieille famille du Sud des États-Unis. Malheureusement, sa famille est couverte de dettes et le seul moyen pour ses parents de sauver leur honneur est de sacrifier leur fille. Diana sera donc mariée, avant ses vingt ans à un certain Capitain Copperton, richissime mondain. Sauvant sa famille, la jeune fille s'assure un futur triste à en mourir malgré les fêtes incroyables dont elle profite.

Après l'incendie ne s'arrête pas là, et va chercher des sentiments beaucoup plus profonds que l'amour frustré. Robert Goolrick n'a pas son pareil pour faire peser une tension au fil des pages. Il règne toujours un climat tendu, on s'attends au drame, qui arrive en temps voulu.

Le clou du spectacle : une nouvelle inédite en France dans laquelle il partage une année de sa jeunesse. Enfant des 50's Robert Goolrick s'attache aux outsiders et le portrait qu'il nous fait de trois de ses amies en témoigne.

Après l'incendie, de Robert Goolrick aux éditions Anne Carrière - 22€



vendredi 24 mars 2017

Coup de coeur : Poupée iranienne

Ces dernières années connaissent un essor de littérature iranienne. Notamment depuis Persepolis de Marjanne Satrapi en 2002, récemment il y a eu Désorientale de Négar Djavadi et aujourd'hui Marx et la poupée de Maryam Madjidi. Les éditions du Nouvel Attila nous offrent ce magnifique roman !


Tout commence dans le ventre de la mère, pendant la révolution iranienne. Maryam entend parler de communisme, de fabrication des tracts, et assiste à de violente manifestations. Six après sa naissance, ses parents n'en peuvent plus. Tous les trois se réfugient en France, pays de la liberté d'expression. Maryam et ses parents découvrent ce pays et essaient tant bien que mal de se fondre dans le décor.

La jeune femme va étudier, voyager, enseigner. Au fil des pages on en apprends plus sur le sentiment de différence qu'un(e) éxilé(e) peut ressentir, sur la relation d'amour/haine qui peut exister entre deux cultures. Entre souvenirs et espoir Maryam Madjidi nous touche, son écriture poétique, onirique, drôle et sensible nous fait sourire et pleurer. On tremble, on se réjouit. On ne le lâche plus et on le conseille plus que vivement !!

samedi 18 mars 2017

Le classique du mois #3 Un lieu à soi, de Virginia Woolf



Écrit en 1928, A Room of one's own, d'abord traduit Une chambre à soi par Clara Malraux, est une série de conférences données par Virginia Woolf à l'Université de Cambridge.


Sorti en janvier 2016, l'édition que nous vous proposons ce mois-ci est une nouvelle traduction de Marie Darrieussecq, autrice française. (Eh oui ce terme d'autrice peut vous choquer mais il est malgré tout aujourd'hui revendiqué par de nombreuses écrivaines et était en vigueur au XVIe siècle !). En effet, Marie Darrieussecq s'est penchée sur ce texte et a tenté de le moderniser et de lui apporter plus de justesse. Cela commence par le titre: a room ne veut pas dire une chambre en français, mais bien une pièce. Dans son introduction, l'autrice explique que "pièce à soi" aurait été malheureux en français, tout comme "un endroit à soi". Elle a donc finalement opté pour "lieu", qui met en valeur l'idée originelle de Virginia Woolf: une femme a besoin d'un lieu bien à elle pour écrire. Car ce lieu peut prendre la forme qu'il veut: un bureau, un studio, un atelier d'écriture en ville... Mais pas une chambre qui a déjà sa fonction de pièce et qui réduit l'importance de l'activité d'écrire. 

C'est autour de cette idée principale que l'essai se construit, plus le fait qu'une autrice a besoin d'argent pour être libre de pratiquer son activité. 
Virginia Woolf l'explique avec humour dans son essai que l'on peut même qualifier de pamphlétaire. Celui-ci est composé de six chapitres dans lesquels nous suivons le fil de la pensée de l'autrice. Elle commence à nous dire (car ce texte est très oral, du fait qu'il s'agisse de conférences) qu'on lui a demandé de parler des Femmes et de la fiction, et que ce thème l'a amenée à se poser une multitude de questions: pourquoi les hommes boivent-ils du vin à table et les femmes de l'eau ? Pourquoi les auteurs sont-ils si fascinés par les femmes quand les autrices ne parlent presque jamais d'hommes dans leurs textes ? Et ainsi de suite jusqu'à une réflexion très poussée sur la condition des femmes.


Pourquoi le(re)lire ? Un lieu à soi est considéré comme un des essais majeurs du féminisme. Outre le fait que Virginia Woolf est en soi une autrice que tout le monde devrait lire (en toute objectivité), le choix de ce texte permet de comprendre la pensée d'une femme en 1928 sur la situation de ses semblables, les difficultés qui existaient alors pour vivre de son activité d'écrivaine mais surtout les échos qu'on retrouve aujourd'hui sur la place des femmes dans la société, le monde du travail ou le monde des artistes. Ce texte frais et incisif est toujours d'actualité à bien des égards et mérite pleinement votre attention !


Bonne lecture !



samedi 11 mars 2017

Coup de cœur : art et énigmes existentielles

Grâce à la Maison de la Poésie, nous pouvons aujourd'hui vous présenter un livre ET une auteure, de façon spéciale. Niña Weijers y était en effet invitée pour promouvoir son premier roman, Les conséquences le mardi 21 février. Étaient également présent, Marie Darrieussecq et Christophe Ono-Dit-Biot pour alimenter une discussion autour de l'Art, du danger qu'il peut représenter et de sa place dans les médias, celle des femmes, de la disparition des corps, et bien sûr, un peu de politique !


Niña Weijers, trentenaire néerlandaise est très souriante. Un peu intimidée et vêtue d'une robe fleurie, elle nous explique dans sa langue que son premier roman comporte des éléments autobiographiques, et d'autres parfaitement inventés. L'auteure nous offre donc une vision d'Amsterdam encore inédite. Les conséquences, c'est l'histoire de Minnie Panis, jeune plasticienne à succès malgré elle. En vogue (et dans Vogue, mais ça c'est une autre histoire), Minnie se pose également beaucoup de questions sur la vie, les rôles que chacuns endossent et beaucoup d'autres choses. Lorsqu'elle reçoit une lettre étrange lui faisant part d'un traitement médical qu'elle aurait suivi autour de ses sept mais dont elle n'a aucun souvenir, le roman prends une autre tournure. Plus énigmatique, plus new-age.

Les conséquences aborde l'art, l'identité, l'amour, l'enfance. Ajoutez à cela de nombreuses références culturelles, des critiques construites et une langue maîtrisée qui font s’enchaîner les phrases sous nos yeux. À tel point que je me suis retrouvé plusieurs fois à relire une phrase, une page, pour en saisir l’ampleur, la beauté. C'est un premier roman, qui connais déjà un grand succès dans son pays natal, et on ne peut qu'être confiant quant à son accueil français !

J'ai terminé ma lecture le lundi soir. En rentrant chez moi le mardi, après la soirée donc, je n'avais qu'une envie : le relire ! Qu'attendez-vous ?






mercredi 8 mars 2017

Événement : Journée des droits des femmes


Comme chaque année, le 8 mars célèbre les droits des femmes. Même si c'est un combat continu, nous en avons profité pour dresser une table sur le sujet ! Un rassemblement d'essais, bandes dessinée, romans, témoignages, biographies, etc. Voici quelques titres plus en détails !


Chimamanda Ngozi Adachie, véritable auteure coup de cœur :
Americanah est un roman. C'est l'histoire d'Ifemelu, nigériane partie aux États-Unis pour terminer ses études. Elle va y rester une quinzaine d'année et au début de l'histoire, elle a décidé de rentrer au pays. Americanah nous raconte son histoire, son parcours, ce qu'elle a vécu chez les américains ainsi que les tribulations de son fameux blog sur les noirs américains et non américains. Voici une merveille de réflexions sur le racisme, et la condition sociale de Lagos à Philadelphie en passant par Londres, pleine d'humour et d'amour !

Chère Ijeawele ou un manifeste pour une éducation féministe est un court texte (78 pages) très touchant sous forme de lettre. Voici donc des conseils afin d'élever son enfant avec des principes féministes, illustrés par des exemples concrets et sans tomber dans l’extrémisme.

Nous sommes tous des féministes est un texte encore plus court ! Il s'agit d'un discours que l'auteure à prononcé lors d'une conférence TEDxEuston en 2012. Il précède Les marieuses, une courte histoire qui parle d'une femme ayant quitté sa situation au Nigéria pour suivre un homme aux États-Unis.

Les Femmes qui écrivent vivent dangereusement :
Après les femmes qui lisent, qui pensent et qui aiment, voici les femmes qui écrivent ! Après un historique des femmes dans la littérature, Laure Adler & Stefen Bollmann nous en présentent plusieurs de toutes les époques, illustrations à l'appui. Un très joli livre, approfondissant nos connaissances sur certaines auteures, nous en faisant découvrir d'autres.

Le Fight Club féministe, manuel de de survie en milieu sexiste :
Ici, le féministe est abordé avec humour mais sans minimisation. L'américaine Jessica Bennet donne des conseils, des exemples actuels, des réponses aux inégalités qui se présentent au quotidien. Un manifeste efficace à lire dans l'ordre ou non !

Très intime: 
Ina Mihalache, alias Solange te parle, publie son deuxième livre. Elle est partie à la rencontre de femmes de 18 à 46 ans pendant plusieurs mois pour discuter avec elles de leur sexualité et de leurs relations amoureuses. Des conversations sans tabou qui libèrent la parole de la femme. 

Calamity Jane, Marie Curie et Cléopâtre : 
Les éditions Quelle Histoire n'oublient pas les femmes dans leurs biographies à destination des 6-10 ans ! Ils pourront découvrir le destin exceptionnel de ces femmes qui ont marqué l'Histoire !

Ainsi soit-elle et Le Féminisme au masculin:
Benoîte Groult est une figure essentielle du féminisme. Plein d'intelligence et d'humour, ces deux textes écrit dans les années 70 soulèvent des questions qui sont (malheureusement) toujours d'actualité aujourd'hui .

Beauté Fatale:
Mona Chollet est journaliste et elle a analysé toute la presse (féminine ou pas), la publicité, les blogs, les séries... Et explique comment la sphère culturelle tend à maintenir une logique sexiste. Une enquête passionnante !

Libre comme un homme: 
Voici le récit du combat militante pour la démocratisation de la pilule contraceptive : un véritable chamboulement pour l'émancipation et la libération de la sexualité des femmes.

Le deuxième sexe:
Doit-on encore présenter ce monument de la littérature féministe ? Simone de Beauvoir ? Dans le premier tome, l'auteure s'appuie sur des données biologiques, physiologiques ou historiques. Dans le second, elle parle plus de ses propres expériences. "On ne naît pas Femme, on le devient" ! 

Not that kind of Girl:
La créatrice de la série (géniale) Girls, Lena Dunham, passe en revue les 28 années de sa vie qui l'ont façonnée. Entre échecs et réussites, TOC et bourrelets, c'est avec beaucoup d'humour raconte son parcours.

Le pouvoir au féminin: 
Elisabeth Badinter dresse le portrait de Marie-Thérèse d'Autriche, mère de Marie-Antoinette. Celle-ci régna pendant 40 ans et dut conjuguer trois vies en une: épouse d'un mari volage, mère de 16 enfants et souveraine toute puissante. 

Les Gros Mots du féminisme:
Sorti en octobre 2016, cet ouvrage propose un abécédaire des mots du féminisme avec de nombreux ajouts aux termes que l'on connaissait jusqu'ici: on retrouve par exemple les mots friendzone ou slutshaming! Toujours avec humour, ce livre explique ce qu'être féministe signifie aujourd'hui. 

Olympe de Gouges:
Cette magnifique biographie dessinée de Catel et Boquet nous fait découvrir Olympe de Gouges, considérée comme la fondatrice du féminisme au moment de la Révolution Française, et trop vite oubliée par l'Histoire. 

Culottées tomes 1 et 2:
On ne vous présente plus les bandes-dessinées de Pénélope Bagieu ! Coup de cœur depuis leur sortie, ces deux tomes présentent la vie de femmes au destin extraordinaire. Connues ou pas, elles ont toutes en commun d'avoir suivi leurs envies ou leur instinct, menant leur vie comme elles l'entendaient ! 

Et pour terminer plusieurs romans ou essais parfaits pour compléter votre bibliothèque féministe: 

King Kong théorie, de Virginie Despentes
Une chambre à soi, de Virginia Woolf
Reflet dans un œil d'homme, de Nancy Huston
et Un été sans les hommes, de Siri Hustvedt. 





mercredi 22 février 2017

Coup de cœur : sorcière de la Nature, sorcière des Brumes

Je ne connaissais pas Lene Kaaberböl, mais la jolie couverture du premier tome de sa série Sorcière des brumes ; L'épreuve du feu m'a attiré et la perspective de lire un(e) auteur(e) scandinave m'enchante toujours ! Publié chez Bayard au mois de janvier cette série est notre chouchoute du moment !

Paillettes incrustées ! (visible uniquement en vrai)


C'est l'histoire de Clara Ask, douze ans. Un matin, sortant de la maison pour rejoindre l'école, elle se fait attaquer par un immense chat noir. Ni une, ni deux, sa mère l'emmène chez le médecin pour la soigner. Si seulement c'était si simple... après un deuxième attaque par une créature plus mystérieuse et encore plus effrayante, la mère de Clara n'a pas d'autre choix que d'emmener sa fille chez sa tante, Isa. Perdue au milieu de la nature et des animaux, Isa est une guérisseuse. Pour plus de sécurité, Clara va rester avec elle quelques jours. C'est ici que l'aventure commence...

L'épreuve du feu est le premier roman d'une série prometteuse, centrée autour de la nature, abordant le thème de la confiance en soi, de l'amitié et bien sûr... de la sorcellerie ! L'écriture est douce mais les scènes d'action peuvent nous faire frissonner. La lecture apporte un certain apaisement, un bol d'air pur et de l'espoir. À expérimenter dès 9 ans !

L'auteure, Lene Kaaberbol
Sorcière des brumes T.1 L'épreuve de feu - de Lene Kaaberbol aux éditions Bayard - 13.90€

samedi 18 février 2017

Le classique du mois #2 Moby Dick, de Herman Melville

Ce mois ci c'est du lourd avec à l'honneur : Moby Dick d'Herman Melville !



Vous en avez forcément entendu parlé mais l'avez vous déjà lu ? 

Souvent vite catalogué dans les romans d'aventure (même si il en fait indéniablement parti), genre trop mésestimé, on pourrait être amené à penser que l’enchaînement des péripéties peut comme c'est le cas parfois cacher une prose malhabile soutenue plus par le rythme que par sa qualité littéraire. Or ici c'est l'inverse ! Melville au sommet de son art use du langage avec profusion (il s'agit d'un des livres le plus dense en termes de vocabulaire), justesse et maîtrise. D'un rythme lent qui s’accélère peu à peu jusqu’à l'explosion finale il nous mène tel un bateau soumis aux caprices de la mer. D'une écriture audacieuse, d'une richesse et d'une poésie grandiose ce livre a tout du chef d'oeuvre.


Ismaël, appelons le comme ça, s'embarque à bord du baleinier Le Péquod pour une saison de chasse. Une entreprise à risque car la concurrence et les conditions de travail sont rudes dans ce métier. Il est en effet rare qu'un équipage revienne complet après toute une saison à braver la mer et ses humeurs, tout en chassant les géants qui l'habitent. A la recherche de lui même le voila mené dans la folle quête du redoutable capitaine Achab : capturer et tuer Moby Dick, la plus grande et la plus intelligente des créatures marines, devenue un mythe tellement peu de gens peuvent témoigner de son existence. Mais ce n'est pas le cas de notre capitaine qui non seulement a déjà croisé le monstre mais lui a également laissé sa jambe.

Paul Lasaine



Récit initiatique, quête de soi, conte moderne, c'est également pour son époque une véritable encyclopédie de la mer et de la chasse à la baleine. 

En bref c'est un incontournable que vous auriez tort de ne pas (re)lire !!






mercredi 15 février 2017

Le fond de la bibliothèque qui va vous faire voyager !

Mange, prie, aime d'Elizabeth Gilbert.



Elizabeth Gilbert est une trentenaire en apparence épanouie: elle est mariée, propriétaire d'une immense maison dans le New Jersey et une journaliste voyageant aux quatre coins du monde. Pourtant elle ressent un malaise. Les choses font qu'elle devrait vouloir un enfant, mais elle n'en veut pas. Elle se rend compte qu'elle n'aime plus son mari et que sa grande maison lui semble vide. 

Un divorce douloureux et une liaison chaotique plus tard, Elizabeth ne se reconnaît plus et ne sait plus quel sens donner à sa vie. Dans une librairie, elle tombe sur un dictionnaire d'italien et décide d'apprendre la langue car elle sent que c'est ce qu'elle a envie de faire. Dans son bain, elle répète des mots et décide qu'elle doit aller en Italie. C'est alors qu'elle prend conscience que pour se reconstruire, il faut qu'elle prenne le temps de réfléchir sur elle et sur ce qui compte dans sa vie. 

Elle s'accorde alors de passer quatre mois dans trois pays différents: l'Italie, pour les plaisirs de la nourriture, du soleil et de cette langue chantante, l'Inde, pour la spiritualité et l'Indonésie... parce qu'un vieux guérisseur lui a dit qu'elle reviendrait un jour y passer trois ou quatre mois !


En Italie, elle se fait des amis, prend dix kilos, goûte la meilleure pizza de Naples, mange une dinde au petit déjeuner pour Thanksgiving et retrouve peu à peu sa joie de vivre. 

En Inde, elle vit dans l'ashram de son gourou spirituel, dans lequel on pratique le yoga et la méditation toute la journée. 
Enfin, en Indonésie, à Bali, elle devient la professeure d'anglais du vieux guérisseur qui en échange lui transmet son savoir et lui apprend la méditation à la balinaise. C'est aussi sur cette île paradisiaque qu'elle fera des rencontres qui changeront sa vie. 

Loin d'être un récit mielleux, ce roman autobiographique est un voyage intérieur dont l'écho résonnera chez nombre d'entre nous. Qui n'a jamais traversé une crise existentielle ? Qui ne s'est jamais demandé ce qu'il faisait là ? Elizabeth Gilbert, grâce à son expérience, nous aide à réfléchir plus profondément à notre quotidien. On peut tout quitter pour partir faire le tour du monde, ou on peut trouver le petit rien qui manque à notre vie.


Ecrit simplement mais merveilleusement documenté, Mange, prie, aime est un récit inspirant à mettre entre toutes les mains !


Le roman a été adapté à l'écran avec la délicieuse Julia Roberts.

mercredi 8 février 2017

Coup de cœur : pour les néophytes, les passionnés, des plantes en pagaille !



En 2015, Katie Scott (illustratrice) et Jenny Broom (écrivaine) nous avaient enchantées avec Animalium, véritable musée de papier paru aux éditions Casterman. Cette année, Katie Scott s'associe à Kathy Willis pour nous dévoiler les secrets et particularités des plantes avec toujours autant de poésie, voici Botanicum.




Le format particulièrement grand est la première chose que l'on remarque dans cet ouvrage. Une couverture dure, un dessin imitant des gravures et des coloris vintages renforcent l'aspect précieux du livre. Après la page de garde, les pages de titres, une préface nous présente simplement la diversité des plantes et nous invite à nous "promener dans les allées de ce jardin" pour en découvrir tous les secrets.



Le sommaire découpe le livre en neuf parties. Tout d'abord, l'entrée et son Arbre de la vie. Une introduction, une fantastique illustration sur deux pages et une explication. Ensuite, sept galeries présentent les Premières plantes, les Arbres, les Palmiers et cycadophytes, les Plantes herbacées, les Graminées, quenouilles, cypéracées et joncs, les Orchidées et broméliacées, et la dernière s'intitule "s'adapter à son environnement" et présente quelques espèces particulièrement résistants. Enfin, la bibliothèque qui comporte un index et une présentation des auteures.



On pourrait s'attarder encore très longtemps sur le pourquoi du comment Botanicum est une merveille, à quel point il est magnifique et indispensable dans toute bibliothèque, d'enfant dès 6 ans ou d'adulte, etc. Le meilleur moyen de nous arrêter, c'est encore de venir le découvrir en vrai !

Botaniquement vôtres !



Botanicum, de Katie Scott et Kathy Willis aux éditions Casterman, 25€